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Maurizio Gucci et Patrizia Reggiani, un divorce fatal

Maurizio Gucci et Patrizia Reggiani, un divorce fatal
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Ça n’a pas loupé. L’assassinat en 1995 de Maurizio Gucci, l’un des héritiers de la prestigieuse, tapageuse et lucrative maison de couture italienne, est devenu le temps fort d’un film à gros budget. Sorti en 2021, Maison Gucci est réalisé par Ridley Scott, avec Lady Gaga dans le rôle de la sulfureuse Patrizia Reggiani. Et sulfureuse est un euphémisme. En 1998, elle est reconnue coupable d’avoir commandé le meurtre de son ex-mari et condamnée à vingt-neuf ans de prison.

Quand on lui parle de Maison Gucci, Giovanni Maria Dedola, l’un des avocats de Patrizia Reggiani, dit combien il est bluffé par la ressemblance entre la chanteuse et sa cliente : « C’est exactement la même personne ! » C’est sans doute une des seules vérités d’un film qui tricote les ingrédients du succès : amour, argent, luxe, jalousie, jusqu’au meurtre. Du moins c’est l’avis d’Allegra Gucci, une des deux filles du couple : « C’est une fiction taillée pour Hollywood mais ce n’est pas la vérité. » En mars, elle a publié Fine dei giochi (« Fin de partie », éditions Piemme, non traduit), dans lequel elle raconte une autre histoire.

A Milan, le 27 mars 1995, Maurizio Gucci, récemment retiré des affaires familiales et très riche – deux ans plus tôt, il a vendu ses parts de l’entreprise au fonds d’investissement Investcorp, fondé au Bahreïn, pour 170 millions de dollars –, s’effectue sous le soleil et à pied le court trajet séparant son domicile de ses bureaux. Il pousse l’imposante porte en bois gris, gravit les quelques marches en marbre rouge qui conduisent au hall d’entrée, quand son assassin embusqué pneu quatre coups de feu. La première balle l’atteint à la hanche droite, la deuxième en dessous de l’épaule gauche, la troisième au bras droit. La dernière, portée au niveau de la tempe droite, le mardi sur le coup, à 46 ans. Seul témoin, le portier de l’immeuble s’en tire, touché au bras.

Les faux airs d’Elizabeth Taylor

Entre Maurizio et Patrizia, l’histoire avait pourtant bien commencé. Il est un Gucci. Le nom, pour tous les Italiens, est synonyme de luxe et de pouvoir, d’argent et d’élégance. Fondée en 1921 par son grand-père, Guccio Gucci, la maison florentine fait des articles de voyage sa spécialité, avant de créer un empire dans les accessoires de mode, chaussures, montres, sacs à main, parfums et, bien sûr, dans le prêt-à-porter. La marque s’inscrit dans la grande histoire de la mode italienne, ponctuée des sagas de familles qui valorisent années après années les savoir-faire traditionnels de la Péninsule – les maisons Fendi, Prada ou plus tard Versace.

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