SANTÉ

Plus de 40 % des cancers dans le monde sont dus au tabac et à l’alcool

Plus de 40 % des cancers dans le monde sont dus au tabac et à l'alcool
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Elle confirme ce que la médecine savait déjà. Près de la moitié des cancers dans le monde sont attribuables à un facteur de risque donné, dont le tabac en premier lieu, puis l’alcool, a conclu une gigantesque étude publiée dans la revue médicale Le Lancetvendredi 19 août. « Selon notre analyse, 44,4 % des morts par cancer dans le monde (…) sont attribuables à un facteur de risque qui a été mesuré »a avancé l’enquête menée dans le cadre du Global Burden of Disease (qui cause la mortalité et l’invalidité dues aux principales maladies), en insistant sur l’importance de la prévention sans toutefois en faire une panacée.

Ce vaste programme de recherche, financé par la Fondation Bill & Melinda Gates, est d’une ampleur sans équivalent, impliquant plusieurs milliers de chercheurs dans la majeure partie des pays. Son objectif premier est de « comprendre l’ampleur du fardeau du cancer attribuable aux facteurs de risque potentiellement modifiables », ce qui est « crucial pour l’élaboration de stratégies efficaces de prévention et d’atténuation (…), pour éclairer les efforts de planification de la lutte contre le cancer à l’échelle mondiale », explique The Lancet. Le cancer est la deuxième cause de décès dans le monde, ajoute l’étude.

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La prévention ne suffit pas

Ces recherches permettent donc de mieux connaître les facteurs de risque selon les régions du monde même si, dans l’ensemble, ses conclusions confirment ce qui était déjà connu. Le tabac est de loin le principal élément ayant favorisé un cancer (33,9 %), suivi par l’alcool (7,4 %). Surtout, ces conclusions plaident pour accorder une grande place à la prévention en matière de santé publique, puisque nombre de ces facteurs de risque se rapportent à des comportements qui peuvent être changés ou supprimés.

« Les principaux facteurs de risque contribuant au fardeau mondial du cancer en 2019 étaient comportementaux, tandis que les facteurs de risque métaboliques ont connu les augmentations les plus importantes entre 2010 et 2019. » (Le Lancet).

Cependant, une grosse moitié de cancers ne sont pas attribuables à un facteur de risque donné, ce qui montre également que la prévention ne suffit pas. Celle-ci, selon les auteurs, doit donc s’accompagner de deux autres piliers que sont un diagnostic suffisamment précoce et des traitements efficaces.

Dans un commentaire indépendant, publié dans la même édition du Lancette, deux épidémiologistes ont appuyé ces conclusions, estimant également que l’étude souligne l’importance de la prévention. Ces deux commentateurs, Diana Sarfati et Jason Gurney, ont toutefois appelé à ne pas prendre pour argent comptant la précision des estimations des données, remarquant que le recueil des données est par nature sujet à de nombreuses insuffisances dans plusieurs pays.

Le Monde avec AFP

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